Faut-il vivre de sa passion ?

Je discutais dernièrement avec une cliente lors d’un appel découverte* des raisons pour lesquelles elle aimerait que je la coache. Cette femme sur le papier a tout : elle a l’essentiel (maison, famille et amis qui l’aiment, un job intéressant qu’elle aime, une passion artistique, des rêves) et le superflu (des voyages, de l’argent, des envies). J’ai donc du mal à cerner son besoin de coaching. À force de creuser (car j’ai besoin de comprendre les raisons et l’envie du coaching pour bien coacher), elle finit par me dire « je ne vis pas de ma passion » .

Moi non plus, je n’en vis pas

Vivre de sa passion est devenu la grande mode du développement personnel. Un petit peu comme l’injonction au bonheur, c’est devenu le nouveau dada. À grands renforts d’images lisses et parfaites, (si tu me lis souvent tu sais ce que je pense des images lisses et parfaites qui sont fausses,) vivre de sa passion est devenu le Nirvana du bonheur.

« Aime ce que tu fais, et tu n’auras plus à travailler un seul jour de ta vie. »

source inconnue

Avec des formations ou ateliers sur l’Ikigai (outil de connaissance de soi japonais), on te promet monts et merveilles dans un quotidien plus heureux, joyeux et épanouissant.

Pourtant le revers de la médaille n’est pas aussi doré qu’on souhaiterait le montrer.

Ne pas confondre amour et passion

Dans une société où tout va plus vite, où tout est sujet au paraitre, aimer ce qu’on fait a tendance à glisser sur la passion. En l’espace de quelques décennies, nous sommes passées de trouver un travail vivrier, à s’épanouir au travail, à devenir sa propre boss, à vivre de sa passion. Pourtant très peu d’élues peuvent vraiment dire qu’elle atteignent l’indépendance financière, le bonheur et la liberté.

Je vais peut-être te choquer mais je n’ai pas une « passion pour le coaching ». Pourtant, j’aime ce que je fais, j’aime ce que j’apporte à mes clientes, j’aime évoluer dans ma pratique, j’aime la liberté que mon métier m’apporte. Pour moi le coaching c’est MA place, c’est ma mission de vie.

Ma passion, c’est la créativité par contre. Je crée et il se passe quelque chose de merveilleux, de magique et de profond.

Mon métier n’est pas ma passion mais j’aime ce que je fais quand même. Je suis bonne dans ce que je fais (héhé) et je m’épanouis.

Ce n’est pas pour tous

J’écris ce paragraphe candidement et sans jugement. Comme écrit précédemment, je ne vis pas de ma passion. J’ai essayé. Je me suis battue pendant environ 10 ans. Et le mot « battue » est choisi dans tout son sens. J’avais ma plateforme de DIY L’effet Créa. Si tu veux en savoir plus sur cette période de ma vie, rends-toi ici.

J’ai tout essayé à l’époque : boutique de bijoux en ligne, boutique de scrapbooking en ligne, création à la pige pour des magazines parentaux québécois, publicités sur mon site web, etc… Bref, malgré ma persévérance, je n’y suis pas arrivée.

Pire, j’ai étouffé ma passion par des sentiments négatifs et des obligations. Avec le recul, je me rends compte maintenant que vivre de ma créativité (aka vivre de ma passion) n’était pas pour moi.

L’entrepreneuriat est difficile. Etre sa boss c’est top, tu as de la liberté comme jamais tu aurais pu en avoir en tant qu’employée. Mais tu portes tellement de casquettes en une journée, tu as tellement de responsabilités face à ton succès que je me demande souvent si on est vraiment « libre » face à l’exigence de vivre de sa passion.

Est-il plus facile de rêver, et de ne jamais en vivre ?

Vivre sa passion, plutôt que de vivre DE sa passion

Vivre de sa passion, tu le comprends bien peut venir teindre de stress sa passion. Surtout que la passion est quelque chose de personnel et son expression propre à chacun. Par exemple si ma passion est la peinture, pour moi elle s’exprime dans des carnets, pour d’autre sur des toiles, pour d’autres en fresque murale, ou encore en teinture végétale pour les vêtements. Comme tu peux le constater, plusieurs expressions pour une seule idée de départ.

Il est souvent difficile d’avoir un travail avec une application directe de sa passion à moins de créer soi même son travail, avec tout l’entrepreneuriat qui va avec, les apprentissages, les découvertes et les déconvenues qui peuvent survenir.

Personnellement, lorsqu’une personne me contacte pour un coaching pour vivre de sa passion, j’essaie de comprendre ce que ça signifierait pour elle et la faisabilité. Mais la vraie question est « es-tu à ta place dans ton emploi actuel ? » .

« Il est important de rêver : la tête dans les étoiles, les pieds sur terre, le cœur entre les deux. »

Sophie Roux

Dans chaque réalisation de soi, il y a une partie de rêve. « Je rêve de liberté » peut s’atteindre autrement que juste « vivre de sa passion »; par contre « je rêve d’être à mon compte et de développer mes produits » peut s’atteindre en vivant de sa passion.

Il est important de rêver : la tête dans les étoiles, les pieds sur terre, le cœur entre les deux. C’est comme ça que peuvent naître les évolutions, les projets fous, un vie sereine.

Faut-il vivre de sa passion ?

Tu as pu le remarquer, je n’ai pas vraiment répondu encore à cette question. Je pense que vivre de sa passion comme juste la vivre est un choix qui t’es propre.

Par contre à partir du moment où « il faut » remplace « j’ai envie de », pour moi, il y a baleines sous gravillons et la méfiance est requise. Qu’elle est la racine de cette obligation ? Qu’est-ce que cette obligation t’apporterait réellement ?

À mes yeux, la passion peut s’exprimer de façon différentes, elle n’a pas besoin de prendre toute la place dans ta vie comme elle peut prendre tout la place dans ta vie. Comme souvent en coaching, il n’y a pas de mauvaise réponse mais une réponse cachée dessous des barrières et des facteurs limitants.

Pour toi, qu’est-ce que ça signifierait vivre ta passion et vivre DE ta passion ? Fais-moi part de tes pensées en commentaires, je suis curieuse !

Crédit image : Unsplash

*petit rappel : l’appel est découverte est un appel gratuit que je t’offre avant de commencer le coaching pour que nous fassions le point ensemble sur tes besoins en coaching.

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  • Bonsoir Sophie. Je te remercie pour cet article . La qualité est au rendez-vous comme à chaque fois.
    Pour ma part , je vis mes passions depuis plusieurs . J’ai trouvé ma mission de vie qui est aider mon prochain. Je la réalise tous les jours , dans mon métier en tant qu’aide à domicile. Depuis toujours je voudrais être professeur et c’était plus précisément professeur de musique . Mais la vie en a fait autrement . Finalement , je me rend compte qu’au travail parfois je suis amené à transmettre mon savoir et mes compétences , et je trouve que c’est un peu être professeur. Je pense que j’y arriverais un jour et pas forcément par le chemin conventionnel. Belle soirée.

    By Gwendaëlle • 3 Mar 2021
    • Hello Gwen ! Merci pour ton commentaire. Il y a plusieurs façons de transmettre son savoir, son empathie, sa générosité. Je suis sûre que tu vas trouver une formule qui te convient parfaitement : conventionnelle ou pas.

      By Sophie Roux • 4 Mar 2021