Du temps pour soi

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu une obsession autour du temps. Du temps au sens large, j’ai toujours voulu « plus » de temps. En discutant autour de moi, je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule à courir après le temps, à remplir mon agenda de to do listes. Tout ce temps, si bien rempli, est pourtant épuisant. Prendre du temps pour soi est pourtant une nécessité mais je ne le comprends réellement que depuis peu.

Remplir son temps pour être

Comme je te l’ai écrit précédemment, de toute petite j’ai toujours eu « besoin » de remplir mon temps. Lorsque j’écris besoin, je me rends compte que c’était au départ des envies. Envies de jouer, de dessiner, de coudre, de m’amuser; ensuite ça a été envie de lire, d’étudier, de peindre; ces envies étaient avant tout liées au plaisir.

Naturellement, adulte, j’ai cherché à reproduire ceci mais avec mes obligations : le travail, le ménage, les enfants, les projets perso (couture, blog, etc… ). J’avais transformé cette envie en besoin de « remplir » mon temps.

J’associais le fait d’avoir un emploi du temps rempli, au fait d’être heureuse, et épanouie. Pour être moi, je devais ne pas avoir de temps libre, juste pas de temps à moi. Comme si ce sacrifice ultime signifiait que je suis une bonne personne.

« Pourtant sacrifier le temps pour soi, ne fait pas de soi une meilleure personne à aimer. »

Sophie Roux

Etre en dehors de faire

Dans l’article précédent du blog, « Regarder dans son passé avec la psychogénéalogie« , je t’ai expliqué mes « boulets » du passé. Le fait d’avoir fait la paix avec mon Histoire m’a permis de comprendre pourquoi j’avais ce besoin de remplir mon temps des autres et de tout, plutôt de prendre du temps pour moi.

J’ai compris que dans mon passé, dans mon Histoire familiale, la valeur a toujours été donnée aux faiseurs, à ceux qui remplissent leur temps. Alors que l’ « oisif » lui était plutôt perçu avec dédain et jugé de fainéant.

J’ai automatiquement associé le fait d’être tout le temps occupée avec la dose d’amour que je pouvais recevoir. Aujourd’hui en tant que mère, je fais attention à ne pas véhiculer ceci. J’aime mes enfants qu’ils fassent quelque chose ou qu’ils ne fassent rien, et je m’assure qu’ils sachent que « je les aime peu importe ce qu’ils font ou ne font pas ».

« Être vivant et être aimé sont détachés de la capacité à faire quelque chose tout le temps. »

Sophie Roux

On a le droit d’être en dehors de faire. Être vivant et être aimé sont détachés de sa capacité à faire quelque chose tout le temps. Pour moi, ceci a été une prise de conscience importante, une véritable révélation.

Du temps pour soi

Depuis, je value positivement l’oisiveté, la paresse. Ne rien faire, juste être, et avoir du temps pour moi.

Etrangement, ça a été difficile à accepter dans le passé : lorsque j’étais malade, je voyais le repos comme inutile. Il m’aura fallut tomber gravement malade, et devoir me faire opérer en urgence pour comprendre le véritable sens de ma vie, et de mon rapport au temps : sa fragilité.

Ne rien faire c’est difficile. J’y suis allée étape par étape. J’ai commencé par dire non aux autres plus souvent pour me dire oui à moi-même.

Ne rien faire pour moi c’est surtout ne pas m’activer à faire quelque chose pour les autres.

Sophie Roux

C’est sentir que je ne me sacrifie pas, c’est aussi savoir que mon temps est précieux.

Je m’autorise plusieurs degrés de « ne rien faire » :

  • rêvasser
  • méditer
  • marcher en silence (la marche en famille, bruyante ne rentre pas dans la catégorie ne rien faire ^^)

Ces trois activités me permettent vraiment de libérer mon cerveau et mon esprit de leurs obligations. Pas de devoir, je suis dans être.

  • créer dans mon art journal sans but (si je crée pour un atelier par exemple ça ne compte pas)
  • lire un roman (si je lis pour le travail, ça ne compte pas non plus)
  • prendre soin de mon corps (bain, vernir mes ongles, masques…)

Ces 3 activités ne sont pas vraiment dans la catégorie ne rien faire, mais plutôt dans la catégorie soft du temps pour moi.

De la peur de ne pas être aimée à la peur de s’oublier

Au cours des derniers mois, avec les confinements, le Covid, la dose de stress quotidienne à haut niveau à cause des incertitudes de l’avenir, j’ai appris à ralentir, à prendre mon temps, à me faire plaisir juste à moi pour moi. J’avais oublié l’importance de ME faire plaisir. D’ailleurs ai-je déjà su ce que c’était ?! Autant j’ai aucune difficulté à apporter de la joie aux autres, autant lorsqu’il s’agit de moi, c’est une autre affaire.

Petit à petit, je me suis construit, et j’ai confiance en l’amour que je reçois (celui que je véhicule et apporte je n’en doute jamais), mais aussi petit à petit une nouvelle peur s’est installée : vais-je réussir à ne pas m’oublier ?! Cette peur, je la gère 1 jour à la fois. Et même si, je ne m’accorde que 15 minutes pour lire un roman, ou 5 minutes de méditations sur le coin du canapé, j’ai conscience de la beauté et du bien-être de ce temps pour moi.

Je ne souhaite pas te dépeindre une vie aux pays des licornes et des paillettes parce que je te mentirai. Il y a des jours où même ce 5 minutes de méditation sur le coin du café c’est mission impossible et c’est pour cela que j’y vais un jour à la fois. Pause par pause. Maintenant, je ressens la peur de m’oublier car je sais l’importance que de m’accorder du temps pour moi dans un quotidien dans lequel j’avais oublié que je suis l’élément principal.

Et toi ? Quel est ton rapport au temps en ce moment ? Full love pour toi ou full love pour les autres ?

Crédit image Unsplash

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