Chasser son mal-être

J’ai longtemps hésité à écrire cet article. C’est difficile de parler de moi, de parler (ok écrire) de mon mal-être, de ce compagnon que j’ai trainé toute ma vie comme un boulet. Je l’ai longtemps caché, un peu (beaucoup) honteuse. Puis j’ai appris à vivre avec malgré tout. Parfois très présent au point d’avoir mon cœur qui se serre, et faisant ressurgir des angoisses; la plupart du temps mon mal-être reste aux abonnés absents et silencieux.

Quel paradoxe !

Très peu de personnes connaissent cette partie de moi. Je dis rarement que je vais mal, je me plains rarement, je me dis qu’il y a toujours pire que moi, je me répète que je fais partie des « chanceux » sur cette planète : une éducation, de l’amour, la liberté. J’ai longtemps tue mon mal-être à grands coups de raisonnements logiques et rassurants.

Pourtant, il fait partie de moi au même titre que la joie, la légèreté, les vibrations et l’énergie. Il reste là tapis dans l’ombre de mes pensées. Il aime ressurgir lorsque je suis stressée, ou fatiguée. Autant dire qu’il a été un compagnon fidèle tout au long de 2020, il m’a ressassé oh combien je suis nulle, oh combien je suis une mauvaise mère, fille, petite fille, épouse, oh combien je suis égoïste, oh combien on ne m’aime pas, oh combien je suis sans substance

« Mon mal-être aura été un compagnon fidèle tout au long de 2020 »

Bref, il a pris une grande part dans ma tête tout en impactant mes actions. J’ai couru comme une poule pas de tête. J’ai pleuré, seule dans ma salle de bain. Puis les crises d’angoisses ont fait leur apparition avec l’arrivée de la quarantaine (mes 40 ans, pas la quarantaine covid) et si je passais à côté de ma vie et de celle que je devrais être. Ces pensées m’ont obsédée.

De mal-être à bien-être

Je n’ai pas eu un déclic comme on peut voir les héroïnes de film ou roman en avoir. Doucement, le glissement s’est fait. J’ai repris le dessus. C’est « amusant » comme j’ai toujours besoin de toucher le fond avant de remonter respirer à la surface.

J’ai commencé par me reposer : six semaines de vacances, loin de la maison, loin du travail qui devenait toxique (pourtant devenir entrepreneuse était mon rêve), loin des responsabilités. Je suis revenue apaisée, ressourcée.

Ensuite, j’ai décidé d’être la personne que je voulais être et mettre au centre de ma vie ce qui est important pour moi, pour mon travail, pour mes envies.

« Devenir celle que je suis et non celle qu’on voudrait que je sois »

Je sais ça fait très cliché de dire cela. Un peu genre la fille a trouvé la lumière. Mais en devenant coach de vie, j’avais fait un trait sur la créativité, cet aspect de moi qui m’apportait tant de bien. En devenant coach, j’ai suivi une formation de coach, des nombreuses formations de marketing, SEO, médias sociaux, j’ai participé à plusieurs coaching de groupe qui devaient m’apporter LA solution infaillible pour m’épanouir en tant que coach. Tout ceci n’a fait que me mélanger et m’éloigner de celle que je suis vraiment.

Je me suis souvent sentie comme dans des usines de machines à saucisses. Toutes les saucisses sont identiques et la même saveur. Si leur formule a fonctionné pour elle, ça devrait fonctionner pour moi. Pourtant je ne suis pas elles, et bien que en tant que bonne élève j’ai tout fait, j’ai tout suivi à la lettre, la seule chose que j’ai gagné c’est d’augmenter mon mal-être.

Transformer mon mal-être en bien-être a été une quête constante pendant plusieurs mois.

Renouer avec ma créativité m’a sauvée.

Dans cette quête constante, j’ai décidé de re-faire une part belle dans ma vie à ma créativité. J’ai commencé par afficher clairement que dans ma pratique de coach j’utilise des exercices créatifs. Rien de compliqué, il s’agit juste souvent de gribouillis et de couleurs. Quel soulagement ! Créer est un outil qui libère les inhibitions, il permet de révéler parfois plus que des tableaux analytiques, ou encore une session dans laquelle on ne fait que parler. Il se cache beaucoup de choses derrière quelques coups de crayons.

J’ai remis la créativité au centre de mon quotidien : les crayons de couleurs ont fait leur retour sur mon bureau, j’ai fini de remplir mon carnet de bien-être parce que je m’aime telle que je suis. Pour la première fois depuis des années, je me sens légitime dans ma créativité. Je crée parce que ça m’apaise ou juste parce que j’en ai simplement envie. Parfois c’est compliqué dans ma tête et j’écris des mots sur mes maux. Ce n’est pas de la grande prose et ça ne sera jamais édité : c’est correct, ce n’est pas le but. D’autre fois c’est un chaos et je colle tous les bouts de papiers qui me passent entre les doigts : je me sens libérée, exaltée. Très souvent, c’est coloré, riche et vibrant : je me sens fière, heureuse, accomplie et entière.

Et aujourd’hui, mon mal-être est rendu où ?

J’aimerais pouvoir te dire que mon mal-être est parti dans un aller simple direction la Lune. Je te mentirai et ce n’est pas mon genre. Mon mal-être est toujours là mais beaucoup beaucoup moins présent. J’ai un rendez-vous fixe au minimum avec ma créativité chaque semaine et ça me fait du bien, ça me permet de rayonner sur les coins obscures de mes pensées.

J’ai compris finalement que l’équilibre dans ma tête et dans mon cœur c’était d’accepter et d’accueillir mon ombre au même titre que ma lumière. Il ne me reste ensuite qu’à choisir quelle part j’ai envie de lui laisser et quel rôle ce mal-être peut avoir.

Peut-être que guérir de mon mal-être n’est pas une nécessité, l’apprivoiser et ne plus être sa victime ont été nécessaires par contre. Très souvent dans son chemin de vie, il faut accepter de passer par des routes sinueuses et des détours pour pouvoir avancer sereinement ensuite.

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Crédit image – Unsplash A.L.

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